Femme

Diane Nalini: La voix à suivre
Par Josée Bournival

Jamais je n'ai tenu mes résolutions du Nouvel An. Mais cette année, j'ai décidé de changer les choses. Ma résolution: vous faire partager mon coup de cœur musical pour Diane Nalini, une voix unique qui chante le jazz de manière si singulière. À la fin des ces quelques lignes, je pourrai donc dire "mission accomplie". Pour cette année...

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Tout est exotique chez toi: le look, le nom... pourtant, tu es montréalaise.

C'est que mon père est belge, et ma mère, indienne. Ils se sont rencontrés à Montréal, et j'y suis née. Pour ce qui est du nom, Nalini, c'est en fait mon deuxième prénom, un mot d'origine indienne qui signifie "nénuphar". Mon véritable nom de famille est trop difficile à prononcer.

Tales... My Mama told me, ton plus récent album, a été pour moi une belle découverte. Pourquoi avoir repris des chansons brésiliennes et françaises alors que les reprises des classiques du jazz américain sont tellement en vogue?

Parce que ça me rappelle ce que ma mère me chantait quand j'étais toute petite, ainsi que mes origines multiculturelles.

Quand as-tu pris conscience de ta passion pour le jazz?

Je pense que j'ai chanté avant de parler. Ma mère fredonnait beaucoup de berceuses et de chansons populaires quand elle était enceinte. L'amour du jazz me vient de mon père. J'ai grandi en écoutant Billie Holiday, Duke Ellington et Ella Fitzgerald, mais aussi beaucoup de chansons françaises. À l'époque, chanter n'était pas pour moi une vocation, simplement un plaisir.

Ça l'est toujours?

Absolument. J'ai la chance de mener de front deux carriers, puisque j'enseigne au Collège Marianopolis, l'équivalent Anglophone du Collège Jean de Brébeuf, si on veut. Comme j'ai un emploi stable, je peux m'accorder beaucoup de liberté pour mener ma carrière de chanteuse. Il n'y a pas de grosse machine derrière moi, et ça me convient. Je peux choisir la musique qui me plaît sans avoir à faire de compromis.

On pourrait croire que tu enseignes la musique...

Pourtant, non. J'enseigne la physique aux élèves de première et deuxième années du collégial.

Ne préférerais-tu pas gagner ta vie uniquement comme chanteuse?

Je l'ai fait pendant un an et je me suis ennuyée des sciences. Quand on arête de développer une partie de soi, qu'elle soit rationnelle ou émotive, elle meurt. J'ai besoin de cet équilibre.

Tes élèves savent-ils que tu mènes en parallèle une carrière de chanteuse?

Oui. Certains professeurs de musique qui m'avaient entendue chanter en ont parlé aux élèves. Cependant, la première fois que je suis montée sur scène et que j'ai aperçu trois de mes étudiants dans la sale, je me suis sentie un peu gênée.

Pourquoi?

Disons que je n'ai pas le même look quand j'enseigne. Ce soir-là, j'avais les cheveux détachés, je portais un grand décolleté... Le malaise n'a duré qu'une fraction de seconde, mais c'en était tout un. Maintenant, ça ne me dérange plus.

Tu as déjà deux albums à ton actif et j'ai appris que tu travaillais au troisième...

Oui. J'espère entrer en studio au début de l'année prochaine et, si tout va bien, sortir cet album à l'été 2005. Il sera différent des précédents, plus funk et folk, avec des poèmes de Shakespeare que j'ai mis en musique. J'ai aussi un autre projet d'album entièrement francophone qui regroupera mes compositions et des classiques de la chanson française.

Laissons le futur pour parler un peu du passé. Tu as vécu quelques années en Angleterre, où tu as travaillé comme chanteuse. Est-ce vrai que tu as chanté pour Bill Clinton?

Parfaitement! Ça a été un grand moment pour moi parce qu'il est amateur de jazz et qu'il joue du saxophone. Il est même venu me voir après le spectacle. Il a parlé avec mes musiciens et, quand il s'est adressé à moi, il m'a dit que j'avais interprété sa chanson préférée: My Funny Valentine. Il m'a chaudement félicitée et m'a envoyé une lettre un mois plus tard. Je l'ai revu quelque temps après et j'ai été vraiment surprise quand il m'a reconnue. Il m'a même confié qu'il avait mon album... et qu'il l'écoutait. Wow!

Tu as aussi chanté devant Paul McCartney?

Oui, toujours en Angleterre. J'ai même eu la chance de souper à sa table avant de chanter. Mais je ne pourrais pas te rapporter la conversation; j'étais tellement intimidée que je n'en ai aucun souvenir. Simplement, c'est un personnage qui aime bien raconter des histoires...

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À écouter: Les deux albums de Diane Nalini, aussi délicieux l'un que l'autre, After Dusk et Tales... My Mama told me.

Pour découvrir davantage sur la chanteuse, ses cours et ses ateliers de chant jazz, ainsi que pour connaître les dates de ses spectacles: www.dianenalini.com